𝐋𝐞 𝐉𝐨𝐮𝐫 𝐎ù 𝐉'𝐚𝐢 𝐂𝐨𝐦𝐩𝐫𝐢𝐬
Le jour où mon maître a lu ma lettre d’amour,
Non pour en rire, mais pour m’humilier,
J’ai compris que l’école n’enseignait pas l’âme,
Qu’elle façonnait des robots à soumettre et dresser.
Le jour où mon prof de mathématiques m’a sanctionné,
Parce que j’ai raisonné avec un 7 au lieu d’un 4,
Parce que mes yeux, myopes sans lunettes,
Ne voyaient pas comme il l’exigeait,
J’ai compris que la vérité n’était pas un chiffre,
Mais le dogme d’un homme qui refusait l’écart.
Le jour où mon professeur d’espagnol m’a ignoré,
Le jour où celui de sciences s’est emporté,
Non parce que je me trompais,
Mais parce qu’ils n’avaient pas de réponse,
J’ai compris que le savoir n’est pas toujours humble,
Que l’ignorance se cache parfois sous un diplôme.
Le jour où mon professeur de gestion m’a sanctionné,
Parce que j’ai corrigé son erreur,
Parce qu’un élève ne doit pas dépasser son maître,
Parce que la vérité est une menace pour l’ego,
J’ai compris que l’école n’enseigne pas la justesse,
Mais la soumission aux détenteurs de pouvoir.
Et ce jour-là, où l’on a refusé mon admission,
Non pour mon incapacité, mais pour leur rancœur,
J’ai vu que l’université n’est pas un temple du savoir,
Mais un tribunal où l’arbitraire dicte l’avenir.
À chaque cycle, du primaire à l’université,
J’ai vu les incohérences d’un système qui écrase,
J’ai vu des egos, des trônes et des humiliations,
J’ai vu des enseignants briser des âmes,
Non pour éduquer, mais pour dominer.
Alors j’ai compris, ce jour-là,
Que l’école ne forge pas toujours des penseurs,
Qu’elle étouffe parfois les esprits trop libres,
Mais j’ai aussi compris, au fil des années,
Que la vraie éducation ne se trouve pas dans leurs livres,
Mais dans la révolte de ceux qui osent questionner.