vendredi 7 février 2025

 Les Charognards de l’Ombre


Ils se drapaient d’opposition, vêtus de faux combats,
Prêchant la révolte mais rêvant de royaumes en bas.
Sous leurs airs de justes, ils n’étaient que mirage,
Des loups sans meute, rongés par leur propre rage.

Ils criaient Sonko, ils scandaient Diomaye,
Mais dans l’ombre, ils brisaient l’édifice, lame à la taille.
Leur fraternité n'était qu'un masque trop mince,
Un jeu de dupes où seul l’ego les convainc.

Ils se disaient sages, ils se voulaient grands,
Mais un trône d’illusions s’effrite avec le temps.
Au premier vent contraire, leur foi s’évapore,
Ils s’accusent, se vendent, se trahissent encore.

Ils veulent gouverner, mais ne savent qu’aboyer,
Répandre la discorde, puis pleurer leur fierté.
Incapables d’unir, incapables de vaincre,
Leur seule vraie force est celle de se peindre.

Vautours affamés, rôdant autour du festin,
Se disputant les restes d’un rêve orphelin.
Ils n’ont pas compris que le peuple voit clair,
Que sous leur masque d’alliés, ne battent que cœurs de pierre.

Alors qu’ils tombent, qu’ils se déchirent,
Qu’ils s’égarent dans leurs propres délires.
Car demain, sous l’étendard de l’espoir,
Nous écrirons l’histoire, sans eux, sans mémoire.

 𝗟𝗲𝘀 𝗥𝗼𝗶𝘀 𝗗𝗲́𝗰𝗵𝘂𝘀


Ils se drapent de sagesse, voilant leur impuissance,
Se gavent de mots creux, ivres d’arrogance.
Ils brandissent des discours aux reflets d’acier,
Mais sous la rouille, il n’y a que papier.

Ils prétendent savoir, mais ne savent rien,
Si ce n’est masquer leur propre déclin.
Leurs actes résonnent comme des tambours creux,
Écho de promesses mortes sous les cieux.

Ils se disent stratèges, fins politiciens,
Mais ne sont que rats rongeant leur festin.
Incapables d’avouer leurs chutes et défaites,
Ils maquillent l’échec sous de fausses conquêtes.

Orgueilleux jusqu’à l’aveuglement,
Lâches dans le sang du reniement.
Ils se battent non pour l’avenir,
Mais pour mieux se détruire et pourrir.
𝐋𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞, 𝐥𝐮𝐢, 𝐚 𝐩𝐞𝐫𝐜𝐞́ 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐣𝐞𝐮,

Soixante-quatre ans de mensonges, de faux aveux.
Il a vu les masques tomber, un à un,
Et compris que le pouvoir n’était qu’illusion.

Eux, les diplômés, les théoriciens,
Empêtrés dans leurs concepts, leurs garde-fous, leurs liens.
Ils ont lu Platon, Marx, Freud et Hegel,
Mais n’ont jamais su décoder l’âme rebelle.

Leur psychologie ? Une farce, un leurre,
Ils croient le peuple stupide, malléable à toute heure.
Mais le peuple, lui, n’a pas besoin de livres,
Il sent la vérité dans ses tripes, dans ses gencives.
𝐈𝐥𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 "𝐝𝐢𝐚𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞" 𝐞𝐭 𝐝𝐞 "𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬",

De "paradigmes" et de "futures ruptures".
Mais le peuple, lui, voit leur mépris,
Leur incapacité à comprendre son mépris.

Enfermés dans leurs tours de verre et d’or,
Ils ont oublié la rue, le cri, le décor.
Ils ne voient pas la colère qui gronde,
Ils ne sentent pas le sol trembler sous leurs rondeurs immondes.

𝐋𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞, 𝐥𝐮𝐢, 𝐧’𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐝 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐫𝐢𝐞𝐧,
Il a compris que leur monde n’était que du vent.
Il a vu leurs combines, leurs faux-semblants,
Et refuse désormais de marcher en silence.

Car les rois déchus, dans leur bulle éthérée,
N’ont jamais su écouter, ni même regarder.
Ils ont cru que le peuple resterait soumis,
Mais il a choisi de briser leurs paradis.

𝐀𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐭𝐨𝐦𝐛𝐞𝐧𝐭, 𝐪𝐮’𝐢𝐥𝐬 𝐬’𝐞́𝐜𝐫𝐨𝐮𝐥𝐞𝐧𝐭, le poids de leur propre foule.
Le peuple, debout, rit de leurs chutes,
Et dans ses mains, il tient l’avenir qui lutte.

Car les vrais bâtisseurs ne naissent pas
Dans l’ombre des trônes en faux éclats.
Ils surgissent des ruines, des cendres et du feu,
Portant en eux l’espoir d’un monde enfin libre et gueulard.

 𝐍𝐠𝐨𝐫 : 𝐔𝐧𝐞 𝐝𝐞́𝐩𝐨𝐬𝐬𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐨𝐫𝐜𝐡𝐞𝐬𝐭𝐫𝐞́𝐞 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐥’𝐞́𝐩𝐨𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐢𝐚𝐥𝐞

Avant même les indépendances, le village de Ngor a commencé à subir les effets de l’expansion urbaine et des projets hôteliers. L’exemple emblématique est l’Hôtel de Ngor, qui a servi de première barrière physique entre les habitants et leur propre littoral. Ce mur, au-delà de son caractère concret, symbolise aussi la volonté de rendre invisibles les autochtones et de transformer leur espace de vie en une zone de villégiature exclusive.
𝐋𝐞 𝐫𝐞𝐦𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐥’𝐞́𝐭𝐨𝐮𝐟𝐟𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐟 𝐝𝐮 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐚𝐠𝐞

Les politiques de réaménagement des terres ont joué un rôle clé dans la marginalisation des populations lebous. Le remembrement des Almadies a contribué à restreindre l’expansion naturelle du village vers le sud-est. De même, l’expropriation de terres sous le prétexte du "domaine national" a été une arme institutionnelle pour déposséder les Ngorois sans compensation équitable.

𝐋𝐞 𝐝𝐞́𝐦𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐍𝐠𝐨𝐫 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐩𝐞𝐫𝐭𝐞 𝐝𝐮 𝐏𝐡𝐚𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐌𝐚𝐦𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬

Dans les années 1960, pendant mon enfance, Ngor ne se limitait pas à son périmètre actuel. Son territoire s’étendait au-delà du phare des Mamelles, qui était alors appelé "LampapeNgor". Cependant, la décentralisation forcée et le découpage administratif sous Senghor et Diouf ont eu pour effet de réduire drastiquement la superficie de Ngor. Cette stratégie, loin d’être anodine, visait à diluer l’influence des Ngorois sur leur propre territoire.
𝐀𝐛𝐝𝐨𝐮𝐥𝐚𝐲𝐞 𝐖𝐚𝐝𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐛𝐨𝐮𝐥𝐢𝐦𝐢𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐢𝐞̀𝐫𝐞
L’ère Wade a marqué un tournant encore plus brutal dans la dépossession foncière, avec des projets immobiliers agressifs et une politique de privatisation de l’espace public. Son mépris pour la culture lebou et sa volonté d’urbanisation effrénée ont accéléré la destruction du tissu social et territorial de Ngor.

𝐌𝐚𝐜𝐤𝐲 𝐒𝐚𝐥𝐥 : 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐝𝐞 𝐠𝐫𝐚̂𝐜𝐞

Macky Sall s’est avéré être l’un des acteurs les plus cyniques de cette tragédie. Non seulement il refuse de rendre aux Ngorois les terres de l’aéroport après sa fermeture, mais il propose une "solution" encore plus perverse : l’extension de Ngor dans la mer. Cette initiative ne vise qu’à masquer la confiscation des terres et à déplacer les autochtones hors du cadre urbain, les reléguant à des zones moins attractives comme Daga Kholba, loin de leurs racines et de leur histoire.

𝗨𝗻𝗲 𝗿𝗲́𝘀𝗶𝘀𝘁𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗻𝗲́𝗰𝗲𝘀𝘀𝗮𝗶𝗿𝗲
Face à cette spoliation méthodique, la résistance des Ngorois est impérative. Il est temps de dénoncer ces politiques de dépossession et d’exiger la restitution des terres confisquées, ainsi que la reconnaissance des droits ancestraux du peuple lebou sur Ngor.

Ce combat ne se limite pas à Ngor ; il s’inscrit dans une lutte plus large contre la marginalisation des peuples autochtones et contre la transformation des villes africaines en zones réservées aux élites et aux intérêts étrangers.

 𝐄𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐎𝐦𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐋𝐮𝐞𝐮𝐫𝐬 : 𝐋’𝐄́𝐯𝐞𝐢𝐥 𝐝’𝐮𝐧 𝐒𝐞́𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐥 𝐑𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞


Au matin des indépendances, un chant s’est élevé
Un souffle de renouveau bruissait dans les palmes,
L’espérance courait sous les grands baobabs,
Les sourires se reflétaient dans l’eau des puits anciens.

Mais peu à peu, le firmament s’est assombri :
Au lieu de puiser la force dans le sol fertile,
Les promesses se sont éparpillées comme grains de sable,
Les illusions, mêlées au vent sec du Sahel, ont fui.

On bâtissait des stades orgueilleux,
Des tours infinies frôlant le ciel,
Quand, sous le soleil brulant, des enfants frêles
Marchaient pieds nus pour apprendre dans des abris provisoires.

Dans l’ombre des villages, le puits tarde à donner
Son eau libre et fraîche à tous les gosiers assoiffés.
L’électricité demeure un luxe, un rêve inachevé,
Et les papiers de l’état civil, un mirage pour nombre d’âmes.

Les cortèges de voitures brillent dans la poussière,
Porteurs de valises lourdes de billets silencieux.
Et les mains corrompues effleurent la confiance populaire,
Tandis que soigner, éduquer et nourrir restent des prières.

Mais au fond des cœurs enfiévrés, la braise ne s’éteint pas.
Un chant nouveau s’élève, vibrant, vibrant encore.
C’est le chant de la révolution espérée,
Diomaye moy Sonko, un écho de justice et d’espoir.

Qu’en 2024, la flamme embrase le pays,
Pour déchirer les voiles d’inertie et de mensonge,
Qu’elle ranime l’espoir dans chaque case,
Chaque école, chaque dispensaire, chaque rêve d’enfant.

Les mains unies, les regards fiers,
Nous verrons se dresser les édifices d’un Sénégal autre,
Des routes menant aux hôpitaux, aux écoles,
Des forages libérant l’eau de son puits d’utopie.

Alors, sous le grand baobab, on écoutera le tam-tam,
Le rythme des promesses qui, enfin, prendront corps,
Car le Sénégal, du fleuve à la terre rouge,
Aspire à la lumière, à la dignité, à la vie.

Et les souffles mêlés des aïeux et des enfants
Berceront les jours nouveaux de ce pays de courage,
Dans un harmonieux accord de liberté,
Où la justice et la vérité font fleurir le destin.

 𝐋𝐞 𝐌𝐚𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐁𝐢𝐞𝐧𝐟𝐚𝐢𝐭𝐞𝐮𝐫


Je m’avance sous mille lumières,
Vêtu d’or et de fausses prières.
Je prends ton pain, ton eau, ton toit,
Et je t’offre un sourire en bois.

Je vole ta force, ton avenir,
Je sculpte des temples pour t’éblouir.
Dômes et minarets, marbres lustrés,
Tandis que ton enfant cherche à manger.

Mes mains pillent, mais donnent aussi,
Un peu d’aumône, un grain de riz.
Je me proclame homme de vertu,
Toi, aveuglé, tu m’as cru.

Je suis le roi du grand théâtre,
L’élu des urnes et des pactes.
Tu m’applaudis, tu me choisis,
Pour que je t’étrangle, mais en douceur, poli.

Point d’écoles, point d’hôpitaux,
Les murs s’effritent sous tes maux.
Mais je t’assure, je suis social,
Je distribue le peu que je ravale.

Et toi, fidèle, humble croyant,
Tu baisses la tête en murmurant,
« Il nous donne, il est généreux,
Peu importe s’il est voleur heureux. »

Alors danse, peuple enchaîné,
Sur l’air doux de mes années,
Car tant que tes chaînes restent dorées,
Tu ne verras pas qu’elles sont serrées

jeudi 3 septembre 2020

 𝗠𝗶𝗲𝘂𝘅 𝗤𝘂'𝗛𝗶𝗲𝗿 𝗼𝘂 𝗟𝗲 𝗖𝗵𝗲𝗺𝗶𝗻 𝗩𝗲𝗿𝘀 𝗦𝗼𝗶

Je ne cherche pas à surpasser les foules,
Ni à briller sous les regards qui roulent.
Mon combat n'est pas dans la comparaison,
Mais dans l'éveil d'une meilleure version.

Chaque jour, un pas, une graine semée,
Vers un moi d’hier que je veux dépasser.
Sans rivalité, sans jalousie amère,
Je trace ma route, légère et sincère.

Être mieux qu’hier, voilà mon chemin,
Faire grandir mon cœur, éclairer mes mains.
Le vrai triomphe n’est pas dans la lutte,
Mais dans l’élan vers sa propre recrue.

Ainsi, chaque soir, sous le ciel apaisé,
Je me dis : "Aujourd’hui, je me suis surpassé."
Non pour l’orgueil, non pour la gloire,
Mais pour construire une plus belle histoire.

mercredi 10 juillet 2019

 𝗡𝗴𝗼𝗿𝗼𝗶𝘀, 𝗼𝘂̀ 𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲́𝗲 𝗹𝗮 𝗳𝗹𝗮𝗺𝗺𝗲 ?


Ngor, terre fière bercée par les vagues,
Roches et sables mêlés, où la mer divague,
Dans ton souffle, jadis, régnait la passion,
Aujourd’hui, je te demande, où sont nos visions ?

La volonté s’endort sous le poids du temps,
Et l’ambition vacille, emportée par le vent.
Nos pirogues voguaient, conquérantes et libres,
Mais nos cœurs hésitent, comme des cendres au givre.

Manquons-nous de rêves, d’élan et d’ardeur ?
Ou craignons-nous l’effort, la sueur, la douleur ?
Les étoiles veillent, témoins de nos promesses,
Mais nos pas sont lents, hésitants dans l’allégresse.

Oh Ngorois, lève-toi, retrouve la lumière,
Rassemble tes forces, ta flamme légendaire.
Dans l’unité naîtra la puissance des espoirs,
Et notre village brillera de gloire chaque soir.

Car en nous sommeille une richesse infinie,
Un trésor d’amour, de courage et de vie.
Alors embrassons l’avenir, la mer et le ciel,
Et faisons de Ngor une étoile éternelle.

Amiharbi Eyeug